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Nés bien avant le terme, certains nouveau-nés prématurés accueillis au service de néonatalogie peuvent bénéficier d’un retour précoce grâce à une prise en charge par l’hôpital à domicile (HAD).

Au nord d’Angers, Géraldine et Arnaud l’attendaient pour le 20 décembre. Mais Justine a pris largement les devants. Elle est née le 4 novembre, au bout de 34 semaines et quatre jours de grossesse. Là où l’on en compte quarante, pour une grossesse classique.

Aussitôt pris en charge dans l’unité de néonatalogie du CHU d’Angers, le nouveau-né ne prenait pas pour autant les quantités nécessaires au sein de sa mère. « Née à 2,160 kg, elle pesait 2,310 kg quand elle est sortie du service » annonce Géraldine, 32 ans, qui se souvient des deux semaines et demie passées en néonat. La professeure des écoles et son mari, informaticien, y ont appris les bons gestes : la seringue que l’on met dans la sonde ou les stimulations à apporter à l’enfant. « Avec mon mari, on a posé la question pour savoir quand Justine reviendrait chez nous, à Pruillé. C’est là qu’on nous a présenté les services de l’hôpital à domicile/HAD Saint Sauveur ». Même si certaines craintes persistent alors, l’opportunité de retrouver leur « chez soi » et d’y accueillir enfin Justine remporte les suffrages. Une seule exigence à la sortie du service : que l’enfant pèse au moins 1,7kg. Aujourd’hui, un mois après sa naissance, elle a atteint plus de 2,5kg.

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« Le souhait d’un retour plus rapide au domicile s’accompagne, chez les parents, de questionnements sur l’état de santé de leur enfant. Il est nécessaire de les rassurer », remarque Aurélie Chauvet, infirmière coordinatrice depuis un an à l’unité pédiatrique de l’Hôpital à domicile (HAD) Saint-Sauveur. « Nous sommes plus sereins et confiants depuis le retour chez nous. Justine n’a plus la sonde. On a l’impression qu’elle est née il y a trois jours », confirme Géraldine.

La structure privée de l’HAD Saint-Sauveur (anciennement clinique Saint-Sauveur) assure le suivi des soins, via sa nouvelle équipe créée en 2017. Forte d’une équipe de sept puéricultrices et infirmières, elle prend le relais, après l’avis des médecins, pour accompagner, surveiller et apporter son aide aux parents, dans tout le Maine-et-Loire. Sur les huit premiers mois de l’année, quarante-huit nouveau-nés ont déjà été pris en charge, 24 heures sur 24 (70 en 2018). Un chiffre en augmentation, à l’image du nombre de prématurés en France.

Deux visites par jour

« Les enfants prématurés ont un système digestif immature, souligne Laurie Delacourt, infirmière au HAD depuis deux ans. À leur retour nous passons à la maison deux fois par jour. Il faut aider à la pose de la sonde nasogastrique, analyser les courbes de poids, sachant qu’une ré-hospitalisation reste toujours possible. » Des traitements contre l’infection peuvent être assurés par voie intraveineuse. Grâce à un forfait de tarification à l’activité, la prise ne charge reviendrait moins cher qu’en hospitalisation classique.

Un mois après cette nouvelle vie en famille, Géraldine et Arnaud savourent. Séverine attend, elle, de connaître le même bonheur avec ses jumeaux. Classés dans la catégorie des grands prématurés, Lilian et Emma sont nés le 1er octobre, à moins de trente semaines de grossesse. Les jumeaux pesaient 800 grammes chacun. Aujourd’hui, le frère et sa sœur ont atteint 1,6kg et 1,8kg. Bientôt, grâce à l’HAD, ils rejoindront la maison.

Dans la salle de l’unité du CHU, Séverine, 34 ans, jette un coup d’œil à travers les deux berceaux transparents. « Cela fait presque deux mois que je suis là de 9h30 à 19h. J’ai l’impression de connaître un nouveau métier ici. De retour à la maison, la nuit, je dors avec mon téléphone à côté de moi. »

(article publié dans le Courrier de l’Ouest)